Bon, on a été bien occupés, nous, les heureux parents… du coup le blog s’est accordé une petite pause, le temps que nous fassions notre petit cocon familial.

Et puis le confinement est arrivé, et à vrai dire, pour nous qui cocoonions déjà à fond les ballons ça n’a pas changé grand chose. L’inquiétude pour les proches mise à part et l’ambiance très particulière de la vie en général.

Nous sommes “confinés” dans une grande maison, avec un grand jardin. Je sors tous les jours voir mes moutons, profiter du grand air et du soleil. Des plaisirs simples, devenus un luxe pour certaines personnes.

Pour moi, c’est la vie nature, au ralenti, en toute modestie dont je rêvais depuis longtemps.

Les seules choses “consuméristes” qui me manquent ce sont mes sorties dans les recycleries et les jardineries/pépinières (même si j’y préfère les échanges entre humains, le troc, le partage… j’y achetais quand même des choses, genre la perlite, le terreau…)

J’expérimente donc, au jardin, le système D du potager, car j’ai bien la ferme intention de manger et de faire manger des légumes du jardin au petit d’homme que j’appelle mon fils.

Tout d’abord il y a eu les semis.

Il se trouve que l’enfant est consommateur d’eau en bouteille, forcément, pour ses biberons.
Quelques trous et un coup de cutter plus tard, j’ai improvisé des pots et des mini-serres qui s’avèrent très pratique pour semer et qui permettent en plus de laisser se développer une plante de bonne taille.

esprit récup !

Du coup je me suis aussi mise à découper mes bouteilles de lait. Bref je récupère tous les contenants en plastique possible.
Il me restait du terreau de l’an passé : ça germe très bien dedans.

Ma grainothèque était également ras-la-gueule : je continue de semer tous les vieux machins susceptibles de germer, je pense que j’arrêterai en Mai. Et puis j’avais pris cette année, avant le confinement, des sachets kokopelli, du coup, j’ai du frais, du vieux… certains trucs frais ne rendent pas terrible, d’autres sur lesquels je n’aurais pas parié germent en pagaille. Bref c’est pas cette année que j’ai été raisonnable encore !
Je ne sais pas si le troc du club de plantes aura lieu : si ça n’est pas le cas, je déposerai mes plants surnuméraires (et non réservés par les copains) devant mon portail et je suis certaine que ça fera des heureux !

Autre problème, et de taille, je voulais refaire des carrés potagers.

Clairement, on ne va certainement pas sortir acheter des machins au magasin de bricolage.

Alors j’ai opté pour la butte en lasagnes. Maison. Pas vraiment dans les règles de l’art. J’aurai bien aimé y mettre une belle couche de terreau : j’avais fait ça l’an passé le long de la clôture et on avait mangé des tomates.

Sauf que j’ai auto-réquisitionné le terreau pour les semis.

Du coup j’ai mis du compost pas complètement composté. Enfin, plus ou moins quoi. On utilise du paillis de chanvre pour les toilettes sèches, et le chanvre c’est hyper long à composter (surtout si c’est pas bien équilibré). Du coup, mon compost, c’est du mi-compost, mi-paillis… allez, on improvise, un peu de ci, un peu de ça, la terre des tumulus des taupes, le vieux terreau des plantes qui n’ont pas passé l’hiver… je m’en fous je teste !
Je me dis, y’a pas de raison, qu’est-ce qui a donné le mieux l’année dernière ? Les plants de tomates qui ont poussés spontanément dans le tas de compost… est-ce que vraiment je peux tout foirer du coup…? Comme disent les jeunes, yolo.

butte système D in progress

Et ce présentoir récupéré à mon ancien taff, est-ce qu’il ne me servirait pas un peu à rien dans la maison…? Allez dehors, on y fera grimper les haricots et les pois mangetout.

J’ai planté aujourd’hui, parce qu’il tirait la tronche dans sa bouteille d’eau, le plant de concombre long anglais que vous avez vu plus haut. Perdu pour perdu, autant tenter sa chance dehors.

Les températures sont plutôt douces en ce moment mais je me méfie des dernières gelées, du coup, j’ai encore un peu de temps devant moi pour mes buttes. C’est que c’est physique cette histoire !

Il prend forme, mon jardin confiné, et finalement on remplace certaines ressources par de la débrouillardise et c’est pas plus mal…

Alors peut-être que le rendement sera bof, sans doute qu’il sera un peu moche, mais c’est pas grave ! Je suis certaine que j’aurai bien un petit pied de tomate spontané sur un tas de caca 😉

A bientôt au jardin !