Mon dernier post date du 02 Décembre. On a beau faire part de notre impatience, savoir que les dossiers avancent, espérer fort qu’on nous appelle enfin, je crois qu’on est jamais totalement préparé à ça : le jour où nous devenons parents.

J’ai espéré fort un bébé pour Noël… nous avons terminé 2019 dans une ambiance mi-figue mi-raisin, heureux d’être entre proches mais tellement déçus de n’avoir pas pu aboutir…

Combien de temps encore…?

On s’est dit “allez premier semestre ! On y croit !”

Et le 02 Janvier, ce numéro de téléphone qui s’affiche : le conseil départemental.

C’est LE fameux appel ! Magique ? Hum pas tout à fait.

On nous a donné rendez-vous le 06 Janvier, le lundi, en début d’après-midi, avec la responsable du service adoption. 4 jours interminables. 4 jours où on sait – car on connait la procédure – sans pouvoir être sûrs à 100%. 4 jours suspendus dans le temps, à tourner en rond, sans vraiment pouvoir annoncer quoique ce soit. Est-ce que c’est bien ça ? Est-ce qu’on est pas en train de rêver ?

14h pétantes, nous sommes assis dans le couloir et nous attendons la responsable de service. “Est-ce que vous savez pourquoi vous êtes là ?” Ben on espère que c’est pour une bonne nouvelle !

“Vous êtes parents d’un petit garçon.”

Parents. Parents. Parents. Parents…

Entendre ce mot là, après tant d’attente… C’est un tsunami d’émotions, d’adrénaline, de bonheur pur…

On nous a donné deux photos, raconté un peu le tout début de vie du petit bonhomme, redonné rdv avec notre psy deux jours plus tard pour des infos actualisées et le déroulement de la semaine d’adaptation… rencontre prévue le 13 Janvier ! Encore une semaine d’attente !

Cette semaine là, on aurait pu croire qu’à l’instar des 4 jours entre le coup de téléphone et l’annonce, elle allait être interminable… Mais entre les derniers préparatifs, l’annonce à tous nos amis et à la famille, les achats de dernières minutes… on ne l’a pas vue passer.

Et le voilà, le jour J.

Est-ce que j’aurai imaginé un jour être timide face à un tout petit bouchon de 3 mois…? Sans doute pas. Dans cet accouchement inversé, c’est nous qui débarquons comme des boulets de canon dans la vie déjà entamée de bébé. L’inverse est vrai aussi, mais nous avons des armes de gestion d’émotion un peu plus affutées.
Dans notre département, la semaine d’adaption est très bien encadrée. Pour notre premier jour, nous nous sommes vus entre 30 et 45 minutes. Lui dans un transat posé dans son lit, et nous, tout en retenue et sourires, juste à côté de sa référente de la pouponnière, et sous la supervision de la psy du conseil départemental + celle de la poup.

On s’est regardés. Timidement d’abord. Tu nous as souris. Et tu t’es mis à gazouiller. De ces babillages qui emplissent aujourd’hui notre quotidien.

On t’a confié le doudou qui avait partagé nos nuits précédentes.

Et il a fallut repartir.

Mais cette fois, tu étais là, réel, notre fils.

Comment exprimer de telles émotions, je ne sais pas. Il n’existe pas de mot pour décrire ce que nous avons vécu, et ce que nous vivons depuis.

O. est à la maison depuis le 20 Janvier. Tout est différent. Tout est plus joli. Même les mauvaises nuits ont une saveur de “tout va bien, je suis là pour toi, je t’aime plus que tout.”

Nous prenons nos marques, nous faisons famille.

2020 sera incontestablement notre plus belle année. Et 2019 nous regarde en faisant un clin d’oeil : nous avons été apparentés le 12 Décembre. Bébé était là pour Noël sans que nous le sachions.

A vous qui êtes dans l’attente, je vous souhaite le même bonheur.