Hello par ici,

Je recopie ici l’article déjà publié sur mon ancien blog, en l’agrémentant de quelques actualisations.

Si vous me connaissez, et si vous me suivez un brin sur instagram, vous savez à quel point j’ai colonisé de l’espace avec mes succulentes (entre autres). Voilà un peu plus de deux ans que la fièvre m’a prise, depuis, j’ai bouturé, échangé, semé, chouchouté. J’ai rassemblé déjà une belle collection, mais je me considère toujours pas comme une experte. J’ai appris énormément déjà, mais en termes de plantes, j’en apprends encore tous les jours.

Du coup, peut-être qu’il y a des gens par ici qui sont encore plus débutants que moi, et qui tentés par la vague de « mode » des plantes succulentes et des cactus (pas un magazine ou même un pub sans cactus sur une étagère maintenant !), pourraient avoir envie d’investir dans une grassouillette. Mon article est pour eux

Pour connaître les petits trucs à savoir avant d’acheter une succu ou un kipik, on peut aussi faire le tour des idées reçues qu’on peut voir passer ou qu’on peut entendre. C’est rapide : Plantes faciles, sans entretien, qu’on peut oublier sur une étagère. Plantes fashion, trop mignonnes dans leurs petits cache-pots tendances. Plantes qu’on peut arroser avec une cuillère à soupe d’eau par semaine. Plantes increvables.

Si ce sont ces postulats de base qui vous attirent dans les succus, oubliez les de suite. Il est important, lorsque l’on achète une plante, n’importe laquelle, de connaître un minimum ses besoins, car les but, c’est de prendre soin d’un « être » vivant, pour qu’il se développe et grandisse dans les meilleures conditions. Et comme les cactus et les succulentes sont des plantes plutôt à tendance « exotique » on va dire, vous vous doutez bien que l’introduction dans un appartement à tendance « citadine de France » n’est pas une évidence à la base.

Première chose à savoir donc :

La lumière, c’est la base !

Dans son pays d’origine, le cactus a chaud, le cactus est bien. Il dispose d’un ensoleillement optimal : fort, très fort et long. Donc il pousse tranquille, à son rythme.

Les cactées et succulentes ont un besoin d’ensoleillement TRÈS élevé. Dans 95% des cas, un appartement que l’on pense lumineux ne le sera jamais assez et dès qu’on éloigne les plantes des fenêtres c’est très vite la cata. Oubliez la table du salon, oubliez l’étagère dans la cuisine, oubliez la table de nuit. Il faut un maximum de lumière. Et où est le maximum de lumière ? dehors, au soleil. C’est la situation la meilleure.

Un cactus qui manque de lumière va s’étioler : il va grandir à la recherche du soleil, devenir tout fin, moche, s’épuiser, mourir. Les débutants peuvent penser qu’il pousse et donc qu’il est content. Nenni. Il est en souffrance.

source jardinierparesseux.com

Sur cet opuntia (cette ? je ne sais jamais qui est masculin ou féminin !), vous voyez bien la raquette de base, bien ronde, et les pousses allongées et rachitiques qui caractérisent parfaitement l’étiolement de la plante. À noter qu’un cactus étiolé ne pourra jamais reprendre sa forme initiale. Il faut décapiter.

Bref, vous n’avez pas la possibilité d’élever vos cactus derrière une baie vitrée exposée plein sud ? Vous ne pourrez pas prendre soin d’un cactus.

Chez moi, tout le monde ou presque est dehors l’été, et pour l’hiver et celles qui restent dedans, notre ancienne terrasse couverte d’onduline transparente a été convertie en couloir/jardin d’hiver. De la lumière toute l’année !

Grand deux. Le substrat, c’est aussi la base.

Le substrat, c’est la base de culture de votre plante. La « terre » dans laquelle vous la plantez.

Il est impératif, lorsque vous achetez une cactée ou une succulentes dans les circuits de grandes distributions, de rempoter votre plante dans un substrat adapté. Et dans grande distribution j’entends Jarditruc et consorts, Ikéo, Truffade, Bricomachin, etc etc. Tout ce qui ne vient pas directement d’un petit producteur, on rempote !

Les plantes de grande distri viennent de circuits de grossistes et la façon dont elles sont cultivées n’a pas grand chose à voir avec les conditions naturelles idéales. Boostées aux engrais et aux nutriments, dans un substrat composé d’une grande majorité de tourbe, sous éclairages artificiels, elles ont souvent poussé trop vite et peuvent subir un choc lorsqu’elles changent de conditions de culture. Vous vous êtes souvent dit que vous n’aviez pas la main verte et que vous faisiez claquer toutes vos plantes ? Ne cherchez plus pourquoi… La production de masse de plante, c’est du business, pas de l’amour. Les cactus gorgés d’eau et bien bien vert souffrent souvent de l’arrivée dans leurs nouveaux habitats.

La majorité des succus et des cactus se plairont dans un substrat que vous pouvez facilement faire vous même : 1/3 terreau, 1/3 terre végétal, 1/3 sable grossier. Il existe aussi des mélanges prêts à l’emploi mais leur qualité est très inégale. On peut toujours alléger ces mélanges avec du sable ou de la perlite. C’est ce que je fais personnellement si j’ai la flemme.

depuis la photo, cette crassula pyramidalis est décédée. Oui ça m’arrive aussi de les faire mourir.

Dans tous les cas il faudra débarrasser la plante de son substrat initial, idéalement attendre quelques jours que les racines cicatrisent et rempoter dans votre nouveau substrat. On attend toujours un peu avant d’arroser à nouveau, pour éviter qu’une racine non cicatrisée ne pourrisse.

Le pot doit être impérativement percé ! Donc le cache pot mignon à la mode soit on y fait des trous soit on oublie ! L’important c’est que l’ensemble reste très drainant : pas d’eau stagnante ni d’humidité résiduelle sous peine de pourriture des racines. Oui ça pourrit facilement ces petites choses.

Grand trois, justement. De l’eau.

Les plantes succulentes stockent l’eau, certes. Mais je lis parfois qu’il suffit d’arroser sa plante avec une cuillère à soupe d’eau toutes les deux semaines pour qu’elle soit contente. C’est comme si vous nourrissiez votre chien une fois tous les trois jours. Il ne va pas mourir mais il ne pas être heureux quand même. Une succu, un cactus, on ne les arrose pas souvent non mais quand on le fait, on le fait franchement et on mouille toute la motte. D’où l’importance du substrat drainant. D’où l’importance des pots percés. Certaines espèces vont aussi être plus ou moins gourmandes et il y a aussi l’épineux problème de l’hivernage. En hiver on réduit voir on stoppe totalement les arrosages pour une belle reprise au printemps. Là encore c’est délicat, cela dépend des conditions d’hivernage de la plante, dans une pièce chauffée ou non, de la lumière à sa disposition, etc.

Moi-même, je tâtonne encore avec l’hivernage car j’ai beaucoup de lumière mais c’est aussi une pièce qui est chauffée. J’ai stoppé complètement l’arrosage des cactées, sauf pour les plantules germées il y a peu, et j’arrose les succulentes quand elles commencent à se flétrir un peu. J’ai hâte que le printemps arrive enfin, pour pouvoir sortir mes protégées…

Vous avez aussi certaines plantes grasses qui apprécieront l’hiver dehors. Les oponces sont pas mal rustiques, certains cactus aussi. Le problème c’est la pluie, pour beaucoup il faut les garder au sec donc le plein air total est souvent exclus. Mais d’autres comme mes sempervivums par contre sont dehors avec pluie et gel. S’en foutent totalement !

yolo !

Dans tous les cas, on peut optimiser son achat :

  • en achetant chez un vrai producteur des plantes déjà heureuses et bien identifiées ! C’est finalement plus simple pour la suite.
  • en se renseignant un chouille sur les conditions de culture auprès dudit producteur (méfiez vous des vendeurs de jardinerie et des fleuristes qui ne sont pas toujours spécialisés plantes grasses).
  • en renonçant si on a pas les bonnes conditions.

Cactus et succulentes ne sont pas des plantes « difficiles » mais elles sont quand même exigeantes et ne conviennent pas à n’importe quel habitat. Même si elles sont « à la mode » il est dommage et peu gratifiant de les voir mourir parce qu’au final on ne sait pas, ou on ne peut pas, s’en occuper.

J’ai moi-même des difficultés avec certaines espèces, j’ai des invasions de cochenilles récurrentes (la 8ème plaie d’Egypte je vous le dis !), j’ai fait pourrir un de mes préférés et certains spécimens attendent encore leur substrat définitif donc personne n’est parfait. Si vous chopez le virus comme moi ce sont quand même des espèces merveilleuses, voir incroyables, avec une multitude de variétés fascinantes.

À la maison, c’est mon oxygène ! Je ne me lasse jamais de les admirer et d’en prendre soin.

Je vous souhaite la même chose, avec ou sans cactus, il y a forcément une plante pour s’adapter à votre mode de vie !

Kristell